Préparatifs du Dialogue en RDC : Tête-à-tête F. Tshisekedi – Joao Lourenço hier à Luanda

MT
Luanda, la capitale angolaise, a été, hier lundi 9 février, le théâtre d’une intense activité diplomatique aux couleurs de l’Afrique. À l’invitation du Président João Lourenço, président en exercice de l’Union Africaine, le chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, a effectué une visite éclair de travail à Luanda.
Dans les couloirs du palais présidentiel, une certitude demeure : la communauté internationale et les organisations régionales semblent déterminées à arracher une solution pacifique à la crise qui ensanglante l’Est de la République Démocratique du Congo.
Un front diplomatique musclé
La rencontre d’hier ne s’est pas limitée à un simple échange bilatéral. La présence signalée à Luanda de facilitateurs de poids, tels que Faure Gnassingbé et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, souligne l’ampleur de la mobilisation. L’objectif de ces échanges est donc clairement établi: harmoniser les initiatives de paix et transformer les trêves fragiles en une stabilité durable.
Pour l’Union Africaine et les partenaires internationaux, la voie du dialogue reste l’unique rempart contre une déflagration régionale totale. Cette détermination se traduit par une pression constante sur toutes les parties pour privilégier les mécanismes de Luanda et de Nairobi, sans négliger les acquis des processus de Washington et de Luanda.
La « Ligne Rouge » de Kinshasa : Pas de dialogue avec le sang
Cependant, cette volonté de pacification par le dialogue se heurte à une réalité politique et morale non négociable pour le gouvernement congolais. Si Félix Tshisekedi se montre ouvert à la médiation pour restaurer l’intégrité territoriale de la RDC, il a toutefois tracé une ligne rouge infranchissable, « on ne négocie pas avec ceux qui ont fait couler le sang des Congolais. »
Pour Kinshasa, s’asseoir à la table des négociations avec des groupes armés ou des agresseurs ayant commis des exactions contre les civils n’est pas une option. Cette position ferme place les médiateurs face à un défi complexe, à savoir celui de construire une paix durable sans compromettre l’exigence de justice réclamée par le peuple congolais.
Autres enjeux du tête-à-tête
L’entretien entre Lourenço et Tshisekedi devrait également porter sur plusieurs points stratégiques notamment, le renforcement du cessez-le-feu et le retrait effectif des troupes d’occupation, le soutien aux initiatives régionales de sécurisation des frontières et la réponse humanitaire face au déplacement massif des populations.
Alors que le Chef de l’Etat congolais devrait aussi recevoir, à son retour à Kinshasa, Jean-Pierre Lacroix, et que les facilitateurs s’activent en coulisses à tous les niveaux, le Sommet de Luanda apparaît comme un test de sincérité pour les acteurs régionaux et une offensive diplomatique de dernière chance pour Joao Lourenço. Celui-ci, on le sait, tente depuis longtemps, d’obtenir le retour de la paix par le compromis face aux exigences des belligérants et l’inflexibilité légitime de Kinshasa sur la question de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la justice.



