POLITIQUE

Le Gouvernement de la RDC accepte d’accueillir les ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis: la société civile inquiète

La République Démocratique du Congo (RDC) s’apprête à accueillir, dès ce mois d’avril 2026, des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis. Une décision annoncée par le gouvernement congolais dans le cadre d’un accord conclu avec Washington. Ce dispositif, présenté comme temporaire, s’inscrit dans les mécanismes migratoires américains, sans précision sur le nombre de personnes concernées. Kinshasa assure toutefois que cette opération sera entièrement financée par les États-Unis, sans impact sur le Trésor public congolais. Mais la société civile critique cet accord, appelle à ne pas l’appliquer, craignant des risques dans un pays qui doit déjà gérer ses propres déplacés internes et ses propres problèmes sécuritaires.

Selon Rfi.fr, ce mécanisme prévoit l’accueil encadré de migrants expulsés par les États-Unis, selon des modalités définies conjointement entre Kinshasa et Washington, rappelle notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa. Le gouvernement congolais souligne qu’il ne s’agit ni d’un programme de relocalisation permanente ni d’une externalisation de la politique migratoire des États-Unis. Le séjour des personnes concernées est annoncé comme strictement temporaire.

Chaque dossier fera l’objet d’un examen individuel, conformément aux lois congolaises et aux exigences de sécurité nationale, précise le gouvernement. Aucun transfert automatique ne sera autorisé. Des sites d’accueil ont déjà été identifiés dans les faubourgs de Kinshasa.

Ce qu’on ne sait pas, c’est combien de personnes sont concernées. Quand elles arriveront. Et ce que la RDC obtient en contrepartie. Aucune réponse officielle à ces questions. Les sources de RFI indiquent par ailleurs que cet accord migratoire est distinct du partenariat stratégique signé entre Kinshasa et Washington en décembre dernier. Les négociations auraient débuté après cette signature.

Opacité de l’accord

La société civile congolaise n’est en tout cas pas rassurée. Timothée Mbuya, de l’ONG Justicia ASBL, pointe l’opacité dans cet accord : « Ni la population congolaise, ni les députés nationaux et les sénateurs n’ont été informés. Il n’y a pas eu non plus de débat public autour de ces accords. Le Congo n’est pas un dépotoir pour recevoir des individus ou des personnes qui sont refoulés ou qui ne sont pas acceptés dans d’autres pays. Notre pays ne dispose pas suffisamment d’infrastructures pour pouvoir accueillir ce genre de personnes. »

Pour d’autres voix de la société civile, la priorité devrait être de s’occuper des plus de six millions de Congolais, déplacés internes. Si le communiqué ne mentionne pas de contrepartie directe, cet accord intervient dans un contexte de coopération renforcée entre les deux pays : dans le domaine économique, avec un accord minerais contre sécurité, et dans le domaine sanitaire avec une promesse de 900 millions de dollars des États-Unis.

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