Défense d’un mémoire de D.E.S. à l’Université de Kinshasa : l’assistant Kamodomo Toteanago Frédéric obtient la mention « grande distinction »

Par Marcel Tshishiku
L’assistant Kamodomo Toteanago Frédéric a obtenu la mention « grande distinction », lors de la défense de son mémoire de Diplôme d’Etudes Supérieures (D.E.S.) intitulé « Evaluation des compétences de base en outil informatique développées par les étudiants finalistes de l’Université de Kinshasa ».
Ce résultat a été confirmé samedi 26 avril, jour de la défense, dans un procès-verbal lu par la présidente du jury, le Professeur Khake Kabuo, en présence de plusieurs autres personnalités académiques et invités de marque, réunis dans une salle de la faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education, de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).
Ci-dessous, l’intégralité de l’exposé de l’assistant Kamodomo Toteanago Frédéric.
UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DE PSYCHOLOGIE ET DES SCIENCES DE L’EDUCATION
Département des Sciences de l’Education
Exposé de la Défense de Mémoire
Madame la Présidente du jury,
Messieurs les Membres du jury,
C’est avec honneur et une profonde humilité que nous prenons la parole pour vous présenter le rapport de la recherche que nous avons effectué dans le cadre de Programme de Diplôme d’Études Supérieures (D.E.S) en Sciences de l’Education.
Cette recherche entre dans un contexte où l’informatique est considérée à notre ère comme un outil indispensable et comme partout ailleurs, la République démocratique du Congo a procédé aux réformes de son système éducatif par l’insertion de l’enseignement des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication dans les curricula du Primaire, Secondaire et de l’Université.
L’idée qui a animé les réformateurs se justifie par le fait même que de nos jours le cercle de l’analphabétisme, jadis limité aux personnes n’ayant pas des compétences en lecture, en écriture et en calcul s’est étendu à celles qui n’ont pas développé des compétences nécessaires en outils informatiques.
A l’ère du numérique, la maîtrise ou l’usage des outils informatiques est devenu une compétence transversale, indispensable, non seulement dans le domaine académique, mais également sur le marché de l’emploi.
L’Université de Kinshasa, étant une institution de référence en République démocratique du Congo, elle forme chaque année des milliers de diplômés qui sont appelés à intégrer des environnements professionnels où la maîtrise de cet outil est incontournable. A ce titre, elle a une vocation de préparer les étudiants à répondre aux exigences de cette réalité.
Paradoxalement à l’idée de la formation visée, il apparaît que malgré une certaine familiarité avec les ordinateurs, beaucoup d’étudiants peinent à utiliser efficacement les logiciels informatiques.
Cette contradiction nous a poussé à mener cette étude dont le thème porte sur « l’évaluation des compétences de base développées en outil informatique par les étudiants finaliste de de l’Université de Kinshasa. Elle tourne autour des questions suivantes :
Quel est le niveau des compétences de base en informatique développées par les étudiants finalistes de l’Université de Kinshasa ?
Comment se présente la tendance pédagogique du niveau de compétences de base en outil informatique développé par les étudiants finalistes de l’université de Kinshasa
La politique institutionnelle liée à l’utilisation de l’outil informatique est – elle favorable à l’acquisition des compétences par les étudiants de l’Université de Kinshasa ?
1. Hypothèses
Au regard des éléments de questionnement soulevé ci-haut, les hypothèses suivantes ont été émises :
PRIMO : le niveau des compétences de base en informatique développées par les étudiants finalistes de l’Université de Kinshasa serait élevé ;
SECUNDO : la tendance pédagogique du niveau de ces compétences de base en outil informatique développé par les étudiants finalistes de l’université de Kinshasa serait positive ;
TERTIO : la politique institutionnelle liée à l’utilisation de l’outil informatique serait favorable à l’acquisition des compétences par les étudiants finalistes de l’Université de Kinshasa.
1. Objectifs
Les préoccupations soulevées avaient comme objectifs suivants :
D’abord, de déterminer le niveau des compétences de base en informatique développées que les étudiants finalistes de l’Université de Kinshasa serait élevé ;
Ensuite, de déterminer la tendance pédagogique du niveau de compétences de base en outil informatique développé par les étudiants finalistes de l’université de Kinshasa ;
Enfin, d’analyser la politique institutionnelle liée à l’utilisation de l’outil informatique à l’Université de Kinshasa. Ceci dans le souci d’aider les acteurs de formation de se rendre compte non seulement du niveau de compétence, mais aussi se poser des questions sur la qualité de la formation qu’ils donnent aux étudiants.
1. Méthodologie
Par une méthode d’enquête par observation directe, nous avons soumis un échantillon occasionnel de 409 étudiants finalistes issus de 9 facultés de l’Université de Kinshasa à un exercice pratique de manipulation de l’ordinateur. Cette épreuve a été rendue possible grâce à une échelle à 4 niveaux élaborée sous forme d’une grille. Celle-ci a été complétée par des entretiens semi-directifs avec les étudiants finalistes.
Par une analyse factorielle, les 40 compétences informatiques répertoriées ont été regroupées en 6 composantes principales (dimensions) :
Rotation de la matrice des composantes (voir les tableaux)
Les données ont été récoltées en fonction des critères de maîtrise de l’outil informatique.
Toutes ces données ont été traitées à l’aide de logiciels SPSS qui nous a permis d’obtenir les résultats ci-après.
4. Résultats et constats
En rapport avec la maitrise du clavier et de la souris
Les résultats montrent que la majorité de sujets enquêtés (52,4%) ont atteint un niveau élevé ; 20,6% ont un niveau moyen ; 20,7% ont un niveau bas et 6,3% n’ont pas développé cette capacité.
S’agissant de la maitrise de Word
27,8% de sujets (majorité) ont atteint un niveau élevé ; 24,34 % de sujets n’ont aucun niveau ; 24,07 % de sujets ont un niveau Moyen et 23,8 % ont un niveau bas en cette capacité.
Pour la maitrise de l’Excel et SPSS
La moyenne globale de pourcentage montre que la plus part des étudiants (44,04 %) n’ont pas développé cette capacité ; 27,01 % d’entre eux ont un niveau bas ; 19,1 % des sujets ont atteint un niveau moyen et seulement 9,85 % ont atteint un niveau élevé.
Au niveau de la maitrise des diapositives
Les résultats indiquent que 37,6 % de sujets qui constituent la majorité n’ont pas développé cette capacité ; 28,3 % parmi ces sujets restent au niveau bas ; 18,9 % ont un niveau moyen et une minorité (15,22 %) des étudiants ont atteint un niveau élevé.
S’agissant de la maitrise de recherche sur l’internet
Le pourcentage moyen des résultats renseigne que 37,27 % des étudiants (majorité) ont atteint un niveau élevé ; 23,2% sont ceux qui ont un niveau bas ; 20,17% d’entre eux ont un niveau moyen et 19,37 % des sujets enquêtés n’ont développé aucune capacité en cette matière.
Enfin en rapport avec la maitrise de sauvegarde de document
Le pourcentage moyen indique que la majorité (40,13 %) de sujets a atteint un niveau supérieur ; 24,2 % d’entre eux sont resté au niveau bas ; 21,76 % de sujets ont un niveau moyen et 13,93 % de sujets n’ont pas développé cette capacité.
Pour rendre plus compréhensible ces résultats, nous avons passé par des regroupements issus des pourcentages moyens pour chacune des dimensions. Ce travail nous permis de conclure selon le cas de catégorie « suffisant » ou « insuffisant » que :
La majorité de sujets (73 %) sait manipuler le clavier et la souris « catégorie suffisant » ;
La plus part de sujets présente un résultat suffisant (51,87 %) et maîtrise Word ;
La majorité des étudiants (71,05 %) a présenté un résultat insuffisant. Elle ne sait pas utiliser Excel et SPSS ;
La majorité de sujets enquêtés (65,9 %) est incapacité de travailler sur la diapositive ;
La majorité de sujets (57,44 %) sait effectuer des recherches sur internet ;
Enfin, en ce qui concerne la sauvegarde des documents, la plus part des sujets (61,89 %) sait sauvegarder un document dans l’ordinateur.
Comparaison des cas d’insuffisance et les cas de suffisance des compétences
Avec un dl = 1 et un Seuil de signification = 0,05, les résultats observés après le calcul de KHI-DEUX entre les catégories « Suffisant » et « Insuffisant » renseignent ce qui suit :
La maîtrise des claviers et la souris, les sujets enquêtés ont présenté un résultat suffisant. Cette suffisance est de l’ordre de 73 % de cas avec un calculé = 43,27 ; dl = 1 et p < 0,005 en ce qui concerne la maîtrise de clavier et la souris;
Avec un
calculé = 36,24 ; dl = 1 et p < 0,005, les étudiants ont présenté un résultat suffisant (51,87 %) concernant la dimension 2 (maîtrise de Word) ;
Par rapport à la dimension 3 (Excel et SPSS), nous avons constaté qu’il n’y a pas prédominance entre les catégories « suffisant » et « insuffisant ». Cette situation se traduit par le résultat obtenu où le
calculé = 028,24 ; dl = 1 et p > 0,005 (71,05 % et 28,95 %) ;
Par rapport à la présentation de diapositive, les résultats démontrent le cas insuffisance chez 65,9 % des étudiants auprès desquels l’enquête a été menée (
calculé = 20,68 et dl = 1, p < 0,005) ;
Avec un
calculé = 4,51, dl = 1 et p < 0,005 (57,44 %), les résultats de la recherche montrent que les compétences liées à la maîtrise de recherche sur internet est suffisante ;
En matière de la maîtrise de sauvegarde des documents par les étudiants 61,89 % dont le
calculé = 11,52, dl = 1 et p < 0,005 montre le cas de catégorie « suffisant ».
Résultats relatifs aux politiques de l’institution
En rapport avec la politique institutionnelle, les résultats issus de l’enquête renseignent que les facultés ont d’une part des politiques favorables et d’autre part défavorables qui poussent ou non les étudiants à recourir à l’outil informatique :
Politiques favorables :
L’utilisation régulière des outils informatiques par certains enseignants lors des activités d’enseignement (59,7%) ; les recommandations faites par les enseignants pour utiliser l’outil informatique pour des tâches en rapport avec les cours pendant les leçons par les étudiants, opinion de 57,7% de sujets ; les recommandations faites par les enseignants aux étudiants pour utiliser l’outil informatique pour des tâches en rapport avec les cours en dehors des heures de cours, (62,6% de sujets) ; le refus de corriger les textes, schémas, graphiques par les enseignants (62,3% de sujets) ; le souci que les facultés se font du temps passé par l’étudiant devant l’ordinateur pour les enseignements et la recherche, (60,4 % de sujets) ; le souci que les facultés se font des conditions de connectivité internet pour s’assurer que les étudiants accèdent aux sites recommandés ;
Politiques défavorables : la non maîtrise de l’outil informatique par la majorité des enseignants (57,2 %) afin de s’en servir pour des besoins d’enseignement et de recherche qui a été jugé par les étudiants comme un comportement didactique défavorable pour pousser les apprenants à développer les compétences en outils informatiques; la préférence d’utiliser les téléphones à la place des ordinateurs par les étudiants pour exécuter les tâches en rapport avec les cours (80%); l’utilisation des téléphones (réseaux sociaux) pour des échanges (82,6%) ; l’accès aux salles informatique et aux cybercafés sur le site universitaire conditionné par le frais de cyber (73,3%).



