
Par Marcel Tshishiku
La Coalition Nationale de l’Education Pour Tous (CONEPT)/RDC a publié une « Analyse du contexte humanitaire à l’Est de la République Démocratique du Congo et impact sur l’éducation ».
La CONEPT/RDC a commencé par circonscrire le contexte général de cette situation, indiquant que, « depuis le 20 janvier 2025, la situation sécuritaire en République Démocratique du Congo s’est dramatiquement dégradée avec la reprise des offensives du M23 appuyé par les troupes rwandaises sur plusieurs fronts, notamment dans les territoires de Minova, Sake, Masisi et Nyiragongo.
L’intensification des combats a provoqué un nouveau déplacement massif de plus de 400 000 personnes, dont 41 % sont des enfants en âge scolaire, qui viennent de s’ajouter aux 7,2 millions de déplacés déjà recensés en RDC. De nombreuses familles ont convergé vers Goma, accentuant la pression sur les infrastructures et les services humanitaires.
Le 27 janvier 2025, l’entrée du M23 dans Goma a plongé la ville dans une situation de grande vulnérabilité, aggravant la crise humanitaire et interrompant brutalement les services essentiels.
Fermeture massive des écoles
Après avoir donné des détails sur l’impact Humanitaire de cette crise, la CONEPT/RDC s’est appesantie sur l’impact sur le secteur de l’Éducation.
1 483 écoles fermées, dont 1 235 à Goma ; à Minova, 201 écoles ont cessé leurs activités, privant 42 000 élèves d’accès à l’éducation.
La CONEPTE/RDC a aussi relevé l’instruction du 23 janvier 2025 de l’autorité éducative du Nord-Kivu 1 ordonnant la fermeture des écoles et espaces d’apprentissage des sites de déplacés de Nyiragongo et Goma, ainsi que la privation d’éducation et risques accrus pour les enfants, si bien que 493 461 enfants sont privés d’accès à l’école en raison du conflit ; les écoles sont utilisées comme abris pour les déplacés, rendant impossible la reprise des cours ; l’absence d’éducation expose les enfants à des risques accrus.
Cette absence occasionne le recrutement forcé par les groupes armés ; l’exploitation et violences sexuelles ; le travail forcé et exploitation économique ; les traumatismes et marginalisation sociale ; les risques de décrochage scolaire qui explosent, menaçant l’avenir de toute une génération.
Sauver une génération en péril
Face à l’effondrement des services essentiels et à l’extrême vulnérabilité des populations déplacées, plusieurs besoins critiques doivent être pris en charge en urgence.
Ces besoins concernent d’abord l’assistance humanitaire immédiate par la construction des abris d’urgence, notamment la mise en place de tentes, réhabilitation des infrastructures pour accueillir les déplacés dans des conditions dignes. Il importe aussi d’assurer l’accès à l’eau potable, la nourriture et nutrition.
Puis, les soins médicaux et réponse aux urgences sanitaires pour sauver des vies sont indispensables pour la prise en charge des blessés, qui passe par l’approvisionnement des hôpitaux en médicaments, matériel médical et renfort de personnel soignant.
Il est de même de la prévention des épidémies, du soutien psychologique fondé sur l’accompagnement des victimes de traumatismes, notamment les enfants et les survivants de violences sexuelles ; de la protection des populations civiles et sécurité ; de la lutte contre les violences et violations des droits et la protection des femmes et des filles par la création d’espaces sécurisés pour les victimes de violences sexuelles et renforcement des services de prise en charge.
Réponse d’urgence pour l’éducation
Selon la CONEPT, la réhabilitation des écoles passe par la délocalisation des déplacés occupant les établissements scolaires et reconstruction des infrastructures détruites ; la mise en place d’espaces d’apprentissage temporaires grâce à la fourniture de kits scolaires, formation d’enseignants d’urgence et organisation de cours adaptés à la situation.
La protection des enfants contre le recrutement forcé dépend des Programmes de sensibilisation, surveillance des groupes armés et intégration des enfants vulnérables dans des activités éducatives et récréatives.
La CONEPT/RDC recommande également une mobilisation immédiate Sans une action rapide et coordonnée, la catastrophe humanitaire en RDC risque de s’aggraver, avec des conséquences désastreuses pour les millions de personnes affectées. Il est urgent d’agir, de mobiliser des ressources et de renforcer les interventions humanitaires pour sauver des vies et préserver l’avenir d’une génération sacrifiée.



