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Journée internationale des réfugiés : la RDC appelle ses communautés locales à la solidarité

La République Démocratique du Congo a appelé, hier jeudi, les communautés locales à faire preuve de solidarité aux refugiés étrangers vivant à travers son territoire national. Le Congo Démocratique a lancé cet appel lors d’un point de presse organisé dans l’une des salles du Musée national de la RDC, à Lingwala, une commune de la ville de Kinshasa.

À cette occasion, Mr Augustin Lukuka Kiwele, directeur de Protection à la Commission nationale pour les réfugiés, a déclaré, au nom du secrétaire permanent de cette structure empêché, que l’État (congolais) garde toujours ses portes ouvertes et que le peuple a intérêt à « reconnaître que ces personnes disposent aussi des potentialités qui peuvent contribuer au développement des milieux d’accueil ».

Le directeur Augustin Lukuka Kiwele a précisé que le thème de la journée pour cette année est « Pour un monde qui accueille les personnes forcées de fuir ». Il a également profité de l’opportunité pour saluer les personnes réfugiées et leur témoigner la solidarité de la RDC et des populations congolaises.

Et d’ajouter : « Je saisis aussi cette occasion pour remercier les autorités de notre pays, à tous les niveaux, pour avoir accueilli des milliers de demandeurs d’asile et de réfugiés (évalués à 526 249) à bras ouvert, les mettant ainsi à l’abri de toute persécution. Plus de 90 % de réfugiés de la RDC vivent dans les zones rurales à côté des communautés hôtes. 1 063 997 réfugiés congolais ont trouvé asile en Afrique ».

Congo, une terre d’asile

Dans le même ordre d’idées, le Dr Pierre Atchom, délégué de la Représentante a.i. du HCR en RDC, a rappelé que 117 millions de personnes ont été forcées de fuir leurs foyers ou encore leurs pays dans le monde entier. Des phénomènes météorologiques frappent de plein fouet les communautés déplacées, entraînant souvent de nouveaux déplacements et alimentant les tensions.

« Personne ne choisit d’abandonner sa maison et sa vie. Chercher refuge n’est pas un choix, mais la seule option pour de nombreuses personnes de survivre. À leur actuelle, les personnes forcées de fuir ont plus jamais besoin de notre solidarité », a poursuivi le Dr Pierre Atchom.

Il a, enfin, remercié la RDC pour son hospitalité légendaire, affirmant qu’en dépit de ses nombreux problèmes, le Congo demeure une terre d’asile pour les frères et sœurs africains et que, les pays, comme la RDC, qui accueillent un grand nombre de refugiés, ont besoin de notre solidarité. Ils ne peuvent pas être laissés seuls.

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité du discours de la Représentante a.i. du HCR en RDC, tel que lu par le Dr Pierre Atchom.

Discours de la Représentante a.i. du HCR en RDC
Point de Presse, Musée national du Congo,
20 juin 2024

Excellence Monsieur le Direteur de la Proection pour la Commission national des refugies,

Chers réfugiés,

Chers collègues,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale des réfugiés, un moment où les bruits et les images de la guerre et de la souffrance se répandent à travers le monde.

En ce jour important, nous savons que plus de 117 millions de personnes ont été forcées de fuir leur foyer ou encore leur pays dans le monde entier.   L’année dernière, de nouveaux conflits ont éclaté, des conflits plus anciens n’ont toujours pas été résolus. En raison de ces enjeux, nous savons que plus de 527 000 personnes des pays voisins sont actuellement accueillis en tant que réfugiés en RDC et 7,3 millions de Congolais sont forcés de fuir à l’intérieur du pays.  Dans le même temps, des phénomènes météorologiques extrêmes frappent de plein fouet les communautés déplacées, entraînant souvent de nouveaux déplacements et alimentant les tensions.

Personne ne choisit d’abandonner sa maison et sa vie. Chercher refuge n’est pas un choix, mais la seule option pour de nombreuses personnes de survivre, de trouver la paix et de garder leurs rêves en vie. A l’heure actuelle, les personnes forcées de fuir ont plus que jamais besoin de notre solidarité.

À travers le monde, la paix fait malheureusement défaut. Les solutions durables restent une réalité pour trop peu de gens. Mais nous ne pouvons pas laisser le pessimisme éclipser les progrès accomplis. 

Permettez-moi de rappeler et de remercier la RDC pour son hospitalité légendaire. En dépit de ses propres problèmes, le Congo demeure une terre d’asile pour les frères et sœurs africains. Les pays, comme la RDC, qui accueillent un grand nombre de réfugiés, ont besoin de notre solidarité. Ils ne peuvent pas être laissés seuls.

La Journée mondiale du réfugié a pour but de célébrer les forces et les réalisations des personnes forcées de fuir et de faire preuve de solidarité, en démontrant une volonté collective de les aider à surmonter les défis auxquels ils sont confrontés.

Nous vous remercions de votre engagement en étant présents ici aujourd’hui et de votre travail quotidien pour trouver des solutions à la situation critique des déracinées. Il reste beaucoup à faire, et il en sera ainsi, pour les aider à s’épanouir dans les communautés qui les ont accueillis, ou à rentrer chez eux pour y trouver un avenir stable et plus radieux.

Aucune action n’est trop petite. S’engager à inclure les déracines dans nos écoles, nos lieux de travail, nos systèmes de soins de santé et nos communautés est le moyen le plus efficace de les aider à reconstruire leur vie. Si les réfugiés et les déplacés internes sont souvent contraints de laisser leurs biens derrière eux, leur créativité, leurs compétences et leurs qualifications restent avec eux. Être forcées de fuir est une circonstance, ce n’est pas l’identité d’une personne. 

La Journée mondiale du réfugié est également l’occasion de reconnaître la générosité des pays d’accueil qui ont gardé leurs frontières et leurs cœurs ouverts aux personnes ayant besoin d’une protection internationale. Offrir un refuge aux déracinés est une expression de notre humanité commune.

Lorsque nous assistons aux traumatismes causés par les conflits et la violence, il est compréhensible de se sentir impuissant et accablé. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de perdre espoir. En cette Journée mondiale du réfugié, nous devons agir et faire preuve de solidarité avec les réfugiés, pour un monde où ils seront réellement accueillis.

Je vous remercie.

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