SOCIETE

Faute de régulation : le recours à l’IA dans les médias congolais pose déjà problème !

Par ChrysTa

De plus en plus des médias congolais commencent à recourir à l’intelligence artificielle (IA) pour produire du contenu destiné à la consommation de leur public. Face à l’utilisation non encadrée de cet outil technologique, un expert en communication numérique, Jacob Mbangi, à travers une tribune libre et scientifique, alerte sur les risques dérapages et autres délits de presse.

En effet, il est devenu courant que les médias congolais recourent à l’utilisation, soit des images générées par l’IA soit carrément des réponses générées par l’IA aux différentes thématiques posées par les journalistes afin de produire du contenu et les diffuser avec très peu d’intervention humaine.

Dans son enquête, cet expert en communication numérique s’est rendu compte que les chevaliers de la plume ont recours à l’IA parce que, d’abord, ils veulent “accroître leurs audiences en optimisant leurs contenus” mais également parce que cet outil technologique est capable de “générer des résumés et analyses en temps réel sur des sujets d’actualité”, d'”assister au montage et à la diffusion rapide des extraits les plus marquants”, d'”identifier les tendances du débat public afin d’orienter les discussions vers des sujets à fort impact”. Un travail normalement réservé à plusieurs personnes, peut ainsi être effectué par une seule personne aidée par la technologie !

Risques de dérapages sans régulation

Alors que maître Jacob Mbangi, dans son approche, soutient l’innovation technologique sectorielle, il relève cependant, que ce recours a conduit le pays vers une situation inédite où les limites entre information, sensationnalisme et responsabilité journalistique ont été brouillées !

En effet si l’on peut comprendre que les informations générées par l’IA ne sont qu’une compilation des faits déjà disponibles mais restructurées de manière percutante, des experts en SIC, estiment qu’avec cette technologie, les utilisateurs peuvent glisser, de manière très subtile, plusieurs éléments destinés à influencer l’opinion publique mettant ainsi en cause la véracité des faits voire l’impartialité des propos diffusés !

C’est à ce niveau, souligne l’expert Jacob Mbangi juriste de son état, que se posent également plusieurs questions fondamentales, à savoir, “qui doit porter la responsabilité d’un tel dérapage potentiel ? L’IA est-elle une simple outil neutre ou un vecteur de manipulation ?

En effet, si dans une diffusion classique, la responsabilité d’un média repose essentiellement sur son directeur de publication, garant de la véracité des informations diffusées et les journalistes, qui doivent croiser leurs sources avant publication, cela ne peut être directement le cas avec l’usage de l’IA car l’utilisateur n’est pas maître de l’algorithme de l’IA mais plutôt son créateur. Donc techniquement, ça serait lui le responsable du dérapage de son outil sauf si ce dernier a été utilisé abusivement ou intentionnellement et faut-il encore le prouver !

Pour Jacob Mbangi, avocat d’affaires expérimenté, si on peut facilement détecter et régler les problèmes d’éthique et de déontologie professionnelle, il sera très difficile de régler les problèmes juridiques qui peuvent découler d’une information problématique diffusée par un média après avoir été générée automatiquement par l’IA. Car simplement, dans plusieurs affaires similaires à l’international, les créateurs d’algorithmes ont souvent échappé à toute poursuite, en arguant que l’outil en lui-même n’est pas responsable des usages qui en sont faits alors que souvent l’IA est déployée sans garde-fous !
Il sied aussi de signaler que, puisque aucune loi spécifique ne régule l’usage de l’IA dans les médias congolais, le CSAC ne peut sanctionner un média à cause de l’utilisation de l’IA !

Une législation et une régulation s’imposent

Après analyse des faits, Me Jacob Mbangi craint que si l’intelligence artificielle est mal encadrée, elle peut altérer la perception de l’information et devenir un outil de propagande voire de manipulation. Ainsi, il appelle le gouvernement à légiférer d’urgence ce secteur afin de prévenir et d’éviter tout dérapage. l’État est aussi appelé à pousser les sectoriels à renforcer la supervision humaine des contenus générés par IA mais surtout à imposer des règles strictes sur l’usage de l’IA dans la production journalistique.

Établir un cadre légal clair sur l’usage de l’IA dans les médias et donner au CSAC des pouvoirs accrus pour encadrer les dérives algorithmiques seraient aussi une bonne solution car l’intelligence artificielle, en soit, n’est pas neutre. Elle peut être un outil de progrès ou une arme de manipulation, surtout dans le contexte actuel où notre pays est agressé par le Rwanda, il est plus que temps que des règles claires sont instaurées, soit de nouveaux scandales risquent d’émerger menaçant même l’intégrité ainsi que la cohésion nationale  !

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