La République Démocratique du Congo a enregistré une progression de 9,3 %, entre 2020 et 2024, dans la production annuelle d’électricité, passant de 12.460,4 GWh à 13.625 GWh. Cette information est révélée dans le rapport présenté par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), lors de la deuxième édition de la Semaine de l’Énergie organisée à Kinshasa.
Relayé par zoom-eco.net, ce rapport indique que, dans le même intervalle, la puissance installée est passée de 2.972 MW à 3.647 MW, soit une augmentation de 22,7 % et que ces données traduisent une amélioration des capacités de production du pays qui tente de répondre à une demande énergétique croissante.
L’ARE explique qu’au niveau de la basse tension, 1.496?292 clients étaient desservis fin 2024, soit un accroissement de 38,9%. ” Toutefois, ces chiffres ne permettent pas d’évaluer précisément l’évolution du nombre réel de nouveaux raccordements sur la période. L’ARE n’a pas fourni des données détaillées sur le taux de raccordement annuel ni sur la répartition géographique de l’accès. Malgré ces signaux positifs, les organisations de la société civile appellent à la prudence dans l’interprétation de ces statistiques “, poursuit la source, ajoutant que le taux d’accès à l’électricité reste particulièrement bas : 7,4 % au niveau national en 2024, selon les estimations de l’ARE, et moins de 1 % en milieu rural.
Insuffisance des financements alloués aux projets d’électrification rurale
Dans une déclaration conjointe, plusieurs organisations de la société civile (OSC), dont le Réseau gouvernance économique et démocratie (REGED), ont exprimé leur inquiétude sur cette question.
” Malgré des efforts louables, le taux d’accès à l’électricité demeure encore très faible. Une production accrue n’est utile que si elle se traduit par un raccordement effectif des populations “, souligne le rapport.
Les activistes de la société civile fustigent également l’insuffisance des financements alloués aux projets d’électrification rurale.
A la lumière du rapport REGED-COREF, les crédits budgétaires destinés aux mini-centrales solaires représentent environ 4,9 millions USD pour 144 sites. Ils sont jugés largement en deçà des besoins réels.
Néanmoins, les réformes structurelles attendues tardent à se concrétiser.
Pour plusieurs observateurs, l’absence d’un cadre clair de gouvernance, de synergie interinstitutionnelle, et d’un Plan directeur national freine l’impact réel de ces avancées.
Le directeur général adjoint de l’ARE, Marco Kuyu, a rappelé que la RDC dispose d’un des plus grands potentiels énergétiques d’Afrique, avec des ressources hydroélectriques, solaires et biomasses abondantes.
” Le pays est un vaste marché de plus de 100 millions d’habitants. Si l’offre actuelle reste très en deçà de la demande, des synergies nouvelles sont possibles entre opérateurs, industriels et autorités publiques pour atteindre la souveraineté énergétique. “, a-t-indiqué.



