Vendredi 4 juillet : les USA célèbrent leur indépendance

Par Marcel Tshishiku
« Le 4 juillet 1776, une Déclaration d’indépendance américaine est promulguée, fortement inspirée par la philosophie des Lumières. Les délégués des colonies britanniques se révoltent contre la couronne britannique, sous la houlette de George Washington (1732-1799). L’ambassade des USA à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a coutume à organiser une cérémonie festive, afin de marquer d’une pierre blanche cette date inoubliable qui demeure ancrée dans la mémoire de la nation américaine.
Pour la petite histoire, l’opinion retiendra que la guerre d’indépendance des États-Unis (en anglais : American War of Independence), également désignée aux États-Unis comme la « guerre de la révolution américaine » (American Revolutionary War), a opposé, de 1775 à 1783, les Treize Colonies, un groupe de colonies frontalières d’Amérique du Nord, au royaume de Grande-Bretagne. Cette guerre est l’un des processus de la révolution américaine qui voit les États-Unis s’émanciper de l’Empire britannique et accéder à l’indépendance en fondant une république fédérale.
Après sa victoire à l’issue de la guerre de Sept Ans, le Royaume-Uni s’est imposé comme la première puissance coloniale mondiale. Néanmoins, sa situation financière est catastrophique. Afin d’y remédier, George III met en place des taxes visant les Treize Colonies comme le StampAct en 1765, finalement abrogées en 1766 à cause de la colère engendrée dans les colonies. En effet, de plus en plus de colons américains commencent tout juste à refuser d’obéir à ce gouvernement lointain qui leur impose des taxes, jugées injustes.
De plus, les Treize Colonies ne sont pas représentées au Parlement britannique, d’où la célèbre phrase « no taxation without representation » (« pas de taxation sans représentation »). En outre, les Américains souhaitent une plus grande autonomie politique et commerciale. Le massacre de Boston (1770) et la Boston Tea Party (1773) cristallisent les tensions. Finalement, le Royaume-Uni, craignant une insurrection armée, organise une saisie d’armes dans les colonies. Celle-ci dérape dans le Massachusetts, ce qui conduit aux batailles de Lexington et Concord en 1775. La guerre d’indépendance est déclarée. Le 4 juillet de l’année suivante, à Philadelphie, les Américains proclament leur indépendance sous le nom d’« États-Unis d’Amérique »…
En 1789, George Washington, commandant de l’armée continentale durant le conflit, devient le premier président des États-Unis d’Amérique. Le principal fondement de la nouvelle nation américaine est alors le principe de liberté des individus. En réalité, les femmes, les esclaves et les Noirs libres sont les grands exclus de la Déclaration des droits et demeurent les oubliés de la révolution américaine.
Rupture avec la métropole
A en croire certains historiens, la guerre de Sept Ans (1756-1763), connue pour ses combats en Amérique du Nord sous le nom de French and Indian War, opposa la Grande-Bretagne à la France et à l’Espagne. Ce conflit vida les caisses de la Couronne britannique. Londres décida alors de faire supporter une partie des frais de guerre aux colons américains. Le Parlement britannique imposa de nouvelles taxes en votant une série de lois qui provoquèrent le mécontentement de ces colons.
La suite des évènements a été marquée par le contentieux économique et social, le rapport de force avant 1778, la libération des dizaines de milliers d’esclaves noirs par les Anglais, le soutien des 13 000 Amérindiens à l’Angleterre, la mobilisation progressive dans les colonies, les opérations dans les colonies du Nord (1775-1777), etc.
Les USA volent au secours de la RD Congo
Aujourd’hui, les USA ont levé l’heureuse option d’ordonner la fin de la guerre d’agression imposée à la RD Congo durant 30 ans par le régime expansionniste du Président rwandais, Paul Kagame. L’implication de Washington dans cette guerre d’une atrocité inouïe, qui a couté la vie à plus ou moins 12 millions de Congolais et causé des dégâts matériels innombrables sur fond des exactions inhumaines, des vols et viols, a suscité l’espoir au sein de la population congolaise.
Néanmoins, les Congolais souhaiteraient voir l’actuel Président des USA, Donald Trump, s’impliquer davantage pour compléter l’Accord de paix signé vendredi le 27 juin par les ministres des Affaires étrangères congolais et rwandais.
Pour ce faire, présidée par Jonas Tshiombela, l’ONG « Nouvelle société civile congolaise » (NSCC), propose aux parties concernées d’assurer justice et la réparation pour les victimes de la guerre d’agression, avec reconnaissance des souffrances de ces victimes. Il recommande d’impliquer la société civile, de garantir la transparence par des audiences publiques, et de prévoir un recours à la justice internationale en cas d’échec interne.
« L’accord signé à Washington ignore totalement les victimes congolaises des crimes de guerre, des violences sexuelles, des déplacements forcés, et des pillages économiques. Pas une ligne sur la justice traditionnelle. Aucune mention de réparation. Zéro mot sur la vérité. Pire encore, aucune voix citoyenne, aucune organisation de la société civile, aucun survivant des atrocités n’a été intégré au mécanisme de surveillance mis en place », s’indigne Jonas Tshiombela, avant de souligner que cette démarche s’agit donc d’un processus diplomatique fermé, élitiste et technocratique, qui confisque la paix au lieu de la construire avec le peuple.
Pour la NSCC, signer un accord de paix sans inclure les victimes et sans garantir des mécanismes de réparation, c’est légitimer l’impunité.
« La paix ne peut être signée entre deux stylos et deux chaises diplomatiques. Elle se construit avec la vérité, la justice, la participation, et surtout, la reconnaissance des victimes. Tout accord qui nie cela est un faux départ, une illusion dangereuse, et une insulte à la mémoire des millions de Congolais tombés dans l’oubli de l’impunité. La RDC a l’obligation morale et historique de ne pas trahir ses morts. Signer un accord sans justice, c’est ouvrir la porte à la répétition du crime. Que le sang versé nous donne enfin la lucidité de bâtir un avenir digne de nos martyrs », a-t-elle expliqué.
Les craintes de la société civile
La NSCC précise, par ailleurs, que la société civile reste sceptique et prudente face à ce pacte car plusieurs accords signés précédemment n’ont eu aucun résultat positif.
« Nous craignons que ceux qui ont pris les armes puissent intégrer l’armée ou service de l’État. Nous craignons que l’impunité se poursuive et que les bourreaux deviennent les chefs de victimes. La première notion devrait être celle de la justice, c’est de là qu’on pourra voir comment les choses pourront évoluer dans le sens définitif », a-t-elle souligné.
Cet accord de paix de Washington prévoit notamment, sur son aspect sécuritaire, le respect de l’intégrité territoriale des deux pays, la cessation des hostilités entre leurs armées, ou encore l’engagement mutuel de ne plus soutenir de groupes armés comme les FDLR ou le M23/AFC. Il inclut aussi la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire fondé sur le concept d’opérations adopté à Luanda en octobre 2024. Sur le plan économique, l’accord entend renforcer la coopération bilatérale autour de projets communs, notamment dans l’hydroélectricité, la gestion des parcs nationaux et la traçabilité des minerais.



