POLITIQUE

Renforts de l’AFC/M23 à Walikale : Paul Kagame ignore la capacité de Washington de le contraindre à appliquer l’accord de paix

Par Marcel Tshishiku

Lors d’une conférence de presse animée vendredi 4 juillet 2025 à Kigali, Paul Kagame s’est appesanti sur l’accord de paix signé à Washington DC par le Rwanda et la République Démocratique du Congo sous la médiation des États-Unis. Sans citer nommément le Gouvernement congolais, Paul Kagame semble ignorer totalement la capacité de Washington à le contraindre de respecter cet accord contresigné par Donald Trump, qui a bien prévenu qu’il y aura des conséquences pour la partie signataire qui ne va pas respecter cet engagement.

Le Président rwandais semble oublier que, si Washington ne va pas appliquer cet accord de paix, il dispose à coup sûr des moyens de contraindre toutes les parties signataires à l’appliquer, d’autant plus que la présence des troupes rwandaises sur le territoire de la RDC constitue une violation flagrante de la Charte des Nations et celle de l’Union Africaine que toutes les grandes puissances sont tenues à faire respecter.

« Comme je l’ai dit, nous avons conclu un accord à Washington D.C. Mais, ce n’est pas à Washington de l’appliquer. Ceux qui ont conclu cet accord doivent eux-mêmes en assurer la mise en œuvre. Et nous avons vu à plusieurs reprises qu’ici, les gens ne…Ils n’appliquent pas soudainement ce sur quoi ils se sont mis d’accord. C’est comme ça depuis des années », a fait savoir Paul Kagame au cours d’une conférence de presse tenue ce vendredi 4 juillet 2025 à Kigali.

Paul Kagame affirmé que le fait que l’accord reprend le point lié aux FDLR prouve que le problème existe. Il estime qu’il faudra désormais faire ce « qui est juste » pour traiter cette question, comme si rien de tout ce que Donald Trump a fait en supervisant l’accord jusqu’à sa signature n’était pas juste.

« Alors, si les FDLR ne sont pas retirés…Et que nous avons défini une méthode pour y faire face dans l’accord, cela signifie que…Les FDLR continuent d’être là, donc le problème persiste. Et celui qui a l’habitude d’intervenir lorsque les FDLR sont le long de notre frontière, le fera. Il n’y a pas de baguette magique que quiconque pourrait agiter. Il faut simplement faire ce qui est juste pour traiter ce problème », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : « Quant à nous, nous avons cette obligation et nous avons exposé notre position et sur cette base, nous avons accepté de faire un certain nombre de choses, de manière conjointe avec d’autres, et nous le ferons. Vous ne trouverez jamais le Rwanda en défaut sur l’application de ce que nous avons convenu de faire. Mais si nous nous engageons dans une voie qui nous ramène au problème initial, alors nous traiterons ce problème comme nous l’avons toujours fait. Il n’y a pas d’autre option. Mais nous sommes sérieux, nous sommes honnêtes, et nous sommes prêts à mettre en œuvre ce que nous avons accepté, pour éliminer le problème ».

Pour leur part, les analystes avertis appellent le Président Donald Trump à envoyer des experts américains et les casques bleus de la MONUSCO pour qu’ils accompagnent les FARDC dans la traque des FDLR, afin de préparer leur retour au Rwanda.

L’AFC/M23 concentre ses renforts  à Walikale

Malgré la signature de l’accord de paix à Washington entre la RDC et le Rwanda qui exige le désengagement des forces sur le terrain et la poursuite des pourparlers à Doha au Qatar entre le Gouvernement congolais et les terroristes membres de l’AFC/M23, ces derniers  continuent de se renforcer en hommes et munitions dans les territoires de Masisi et Walikale.

Plusieurs sources d’actualite.cd dans le groupement Kisimba (secteur des Wanianga) alertent sur l’arrivée, jeudi 3 juillet, de nouveaux renforts à Mpety, dans la localité Banakindi. Selon ces sources, ces renforts en hommes et munitions proviennent de l’axe Kitshanga-Mweso-Kalembe.

Les mêmes sources soulignent que les terroristes se préparent pour lancer un assaut sur Pinga dans l’objectif de s’accaparer de cette agglomération et de son aérodrome,  afin d’avoir une nouvelle voie de ravitaillement. Un acteur local qui rappelle que Pinga a toujours été dans le viseur des rebelles, appelle les FARDC à la vigilance.

« La vision de l’ennemi est de nous attaquer à Pinga et occuper l’aérodrome qui va lui faciliter le ravitaillement. Nous appelons notre armée à la vigilance. Nous lançons une fois de plus un cri auprès de nos autorités pour qu’elles renforcent les effectifs militaires dans la zone de Pinga, afin de protéger la population », plaide cet acteur local.

Dans le même ordre d’idées, une autorité coutumière locale s’inquiète de la tension qui existe actuellement au sein des forces de défense présentes à Pinga. Ce cadre de base estime que ces mésententes peuvent donner l’avantage aux terroristes et faciliter la chute de Pinga. Face à cette nouvelle menace contre la cité de Pinga, cette autorité coutumière invite les forces de défense qui sont à Pinga à mettre de côté leurs différends.

« Ces groupes de Wazalendo qui sont ici et qui ne s’entendent pas risquent de baliser le chemin à la chute de Pinga. Le moment n’est pas bon. S’ils ont vraiment pris les armes pour la protection de notre pays, qu’ils mettent de côté leurs différends, qu’ils trouvent un terrain d’entente afin d’affronter cette menace qui est juste à 15 kilomètres de nous. Sinon ces gens vont nous surprendre », prévient ce cadre de base.

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