Carburants: la RDC paye le prix de la guerre au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient exerce un impact décisif sur les prix du carburant en République Démocratique du Congo (RDC). Alors que le ministre congolais des Hydrocarbures déclarait, que la capitale du pays de Patrice-Emery Lumumba ne connaissait aucune pénurie, les automobilistes de Kinshasa ont constaté des difficultés à s’approvisionner. Cela n’a duré que quelques jours, mais le risque de pénurie et de hausse des prix demeure.
Fin mars, dans les rue de Kinshasa, le carburant se vendait entre 4000 et 5000 francs congolais le litre sur le marché parallèle, contre 3000 francs congolais quelques jours auparavant. Une flambée qui n’a duré que quelques jours, mais qui rappelle la vulnérabilité de la RDC.
La RDC pays producteur n’a plus d’usine de raffinage
Cette dépendance des importations est accentuée par l’absence d’usine de raffinage dans le pays. Le pays importe la totalité de ses produits pétroliers raffinés : essence, gasoil, kérozène et autre dérivés.
Aussi, la moindre tension au niveau international, que ce soit la guerre au Moyen-Orient ou en Ukraine, se répercute sur le prix du baril et donc sur le prix du carburant à la pompe. « Le Congo produit du pétrole, mais n’en raffine pas, alors il dépend fortement de l’extérieur… et ça se voit systématiquement en cas de choc externe : Covid, guerre en Ukraine, à Gaza… », explique Jacques Mukena, de l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, cité par Rfi.net.
La transformation locale du pétrole est une nécessité
Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, est d’ailleurs revenu sur ce sujet il y a quelques jours. Il a indiqué que la transformation locale du pétrole est une nécessité afin de réduire l’impact économique dû à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le Gouvernement congolais appelle les opérateurs pétroliers à l’apaisement, soutenant que le pays dispose encore d’un stock de deux mois.
Autre problème, soulignent les économistes, c’est que le prix du carburant en RDC est fixé par le Gouvernement, pour éviter que les chocs extérieurs ne se répercutent sur les prix à la pompe. C’est le Gouvernement qui doit absorber une partie du prix. Une sorte de subvention qui, sur le long terme, coûte cher surtout quand les prix du pétrole s’envolent, comme ça a été le cas fin mars quand le cours du Brent a frôlé les 120 dollars le baril.



