POLITIQUE

Crise et frustration au Bureau d’âge du Sénat : une alternative proposéePar Marcel Tshishiku

Une crise menace de se déclencher au Sénat à cause de deux acteurs politiques qui se bousculent pour briguer les fonctions de président du Bureau d’âge de cette Chambre du Parlement de la République Démocratique du Congo.

Le premier acteur est l’actuel président du Bureau provisoire, le sénateur Pascal Kinduelo. Agé de 85 ans, il a été élu sénateur le 29 avril 2024 dans la province du Congo Central avec six voix, pour le compte de l’Union pour la démocratie et le progrès social (‘UDPS)/Tshisekedi. Mardi 14 mai, cet entrepreneur congolais identifié comme doyen d’âge des sénateurs est désigné président du Bureau provisoire, au moment où d’autres provinces du pays n’avaient pas encore élus leurs représentants au Sénat.

La surprise a été grande lorsque, dix jours après l’entrée en fonction de ce Bureau, le patriarche Jonas Mukamba Kadiata Nzemba, 93 ans, a été, lui aussi, élu sénateur dans la province de l’Equateur.
Dans une déclaration rendue publique mercredi 5 juin, l’ancien patron de la MIBA et haut cadre de la plateforme « FPAU » (Forces politiques alliées à l’UDPS) et également ancien gouverneur de province de l’Equateur a exprimé sa détermination à occuper le poste de président du Bureau d’âge du Sénat.

Inconstitutionnalité


Ses avocats, dont Me Buanga et Jean-Marie Kabengela, ont indiqué que « Jonas Mukamba Kadiata Nzemba n’a jamais renoncé à son droit de diriger le Bureau provisoire du Sénat et informe l’opinion nationale et internationale qu’incessamment, il convoquera la plénière pour des matières restantes à traiter, notamment la rédaction du règlement intérieur et l’élection des membres du bureau définitif ».
Ces juristes ont invité le Bureau Kinduelo à ne pas « persister sur cette voie », au risque d’exposer tout le travail que ferait la plénière présidée par « un Bureau d’âge dirigé par un moins âgé à la censure d’inconstitutionnalité ».

Arrangement politique

A cet égard, les analystes estiment que, dans une certaine mesure, la Chambre haute est allée vite en besogne et devait plutôt attendre que toutes les provinces terminent d’élire leurs sénateurs, afin d’éviter la confusion.

Pour ne pas créer des frustrations au sein d’une même plateforme, en éjectant Pascal Kinduelo, un arrangement politique s’avère indispensable. Cet arrangement consisterait à faire une promesse ferme et sincère à Jonas Mukamba Kadiata Nzemba d’occuper, au moment venu, la présidence du Bureau définitif du Sénat et de laisser son collègue Pascal Kinduelo s’occuper du Bureau d’âge jusqu’au bout.
Dans cette optique, aucun de ces deux personnages, autant que leurs partisans respectifs, ne se sentirait lésé.

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