Visé par une motion : Jacquemain Shabani sur une chaise éjectable

La motion initiée contre le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur au Gouvernement de la République Démocratique du Congo est l’oeuvre du député national Yangotikala Senga Laddy, élu de Kisangani (nord-est de la RDC) membre de l’Action des volontaires pour la relève patriotique (AVRP), le parti du ministre du Développement rural Muhindo Nzangi, lui-même composante de l’Union sacrée, coalition politique formée autour du président du pays.
Des sources concordantes indiquent que cette procédure de contrôle parlementaire serait encouragée en interne, jusque dans des cercles du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Jacquemain Shabani, justement, n’est pas un profil secondaire. Militant de l’UDPS depuis la fin des années 1990, il en a gravi les échelons avant de diriger la campagne de réélection de Félix Tshisekedi en décembre 2023.
Dans les 15 pages de la motion, les signataires évoquent des ingérences dans les institutions provinciales. Ils pointent une insécurité persistante à Kinshasa malgré l’opération « Ndobo » lancée en décembre 2024 contre le phénomène de banditisme urbain.
Mais, la majorité elle-même apparaît mouvante. Dès le lendemain du dépôt, le regroupement Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) de Modeste Bahati, ex-président du Sénat, désavoue publiquement deux de ses députés signataires. Preuve que les lignes ne sont pas figées.
Ces derniers jours, Jacquemain Shabani a multiplié les contacts avec plusieurs caucus de députés, son camp dénonçant des irrégularités de procédure.
Au-delà de son cas, cette motion dit quelque chose du fonctionnement du Parlement congolais, explique un de ses assistants. La défiance y est devenue un levier politique, y compris au sein de la majorité. L’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe en a fait les frais. Le deuxième vice-président du Sénat Modeste Bahati aussi.



