SANTE

Ebola en Ituri : une équipe de l’INRB attendue le 27 mai à Bunia

Par Marcel Tshishiku

En RDC, plus de dix jours après l’annonce d’une 17e épidémie d’Ebola, la riposte est en cours de déploiement avec comme objectif principal de limiter la propagation du virus. Pour cela, il faut détecter et tracer les cas. C’est la mission de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) dont le laboratoire principal se trouve à Kinshasa.

Il est au cœur de la riposte pour cette épidémie d’Ebola, mais aussi des 16 précédentes ayant touché la RDC depuis la fin des années 1970 : le laboratoire dirigé par le professeur Jean-Jacques Muyembe, le codécouvreur du virus et qui a depuis œuvré pour la mise au point du traitement, aujourd’hui efficace sur la souche Zaïre (qui n’est pas celle actuellement en circulation dans l’Est congolais).

C’est à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) que, le 14 mai, l’échantillon s’est révélé positif et a marqué le début de cette 17ᵉ épidémie. Depuis, la vie des laborantins est devenue une course contre la montre pour détecter les cas : il faut recevoir les échantillons, désactiver le virus – processus dans un laboratoire de niveau trois dont l’accès est restreint – et ensuite extraire le prélèvement et faire un test PCR. Et des tests, les laborantins de l’INRB en font en continu, puisque les alertes viennent de partout : des zones touchées, mais aussi des autres provinces du pays et de la capitale, Kinshasa. Il ne faut surtout pas qu’un cas passe entre les mailles.

Des équipes déploient sur le terrain

Et pour être encore plus efficaces, les équipes se déploient sur le terrain. Une équipe de l’INRB Kinshasa doit ainsi arriver le 27 mai à Bunia, en Ituri, avec du matériel de pointe pour essayer de tracer cette épidémie.

L’INRB ne fait pas en outre que de tester les cas. Il y a aussi toute une partie qui concerne la recherche sur cette maladie qui n’a pas révélé l’un de ses plus grands secrets : son origine. On sait que c’est une zoonose, une maladie qui passe de l’animal à l’humain, et que pour cette nouvelle vague, il y a bien eu un « spillover » : le virus a passé la barrière de l’espèce une nouvelle fois. Mais on ne sait pas où se situe précisément son réservoir. Dans la forêt, mais via quel animal et comment se fait la transmission ? Des hypothèses existent : une chauve-souris, un singe qui en aurait manipulé ou consommé… Mais là aussi, pas encore de vérité scientifique.

Selon les derniers chiffres des autorités de RDC, il y a désormais plus de 930 cas suspects pour 220 décès probables. La zone touchée concerne trois provinces de l’est du pays : Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est attendu ce mardi soir à Kinshasa et doit se rendre à Bunia, épicentre de l’épidémie, dans la semaine. (Rfi.fr)

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