RDC: la 17e épidémie d’Ebola déclarée officiellement en Ituri par le ministre Dr Roger Samuel Kamba

Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba, a officiellement déclaré l’épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri, le samedi 16 mai 2026, à Kinshasa, lors d’un point de presse.
Il s’agit de la 17e déclaration de l’épidémie hémorragique d’Ebola en République Démocratique du Congo. Pour cette nouvelle alerte, la RDC fait face à la souche Bundibugyo, qui touche actuellement trois zones de santé : Mongbwalu, Rwampara et Bunia. À ce stade, 246 cas suspects et 80 décès ont été recensés au niveau des communautés et des centres de santé, a indiqué le Dr Roger Samuel Kamba.
Selon le ministre, contrairement à la souche Zaïre, connue et mieux maîtrisée, la souche Bundibugyo ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifique. C’est pourquoi la réponse sera structurée et coordonnée autour de l’organisation mise en place par le Centre d’opération d’urgence de santé publique de l’Institut national de santé publique (INSP), avec la mobilisation de l’ensemble des partenaires afin de garantir une action adaptée aux risques. L’OMS est déjà présente sur le terrain à Bunia. Les équipes ayant participé à une simulation à Kisangani ont également été dépêchées sur place.
Toutefois, il a rassuré que la RDC dispose, grâce à son expérience, des connaissances et des capacités nécessaires pour répondre à cette épidémie. Les équipes du ministère sont déjà déployées sur le terrain pour rechercher tous les cas, identifier les personnes décédées au niveau des communautés et renforcer la surveillance.
Des défis
Le ministre a souligné que le principal défi réside dans la configuration de la zone touchée, qui est commerciale et caractérisée par une forte circulation des personnes se déplaçant vers plusieurs régions, notamment le Nord-Kivu, la Tshopo, l’Ouganda et le Sud-Soudan. Face à cela, la surveillance doit être très active afin de suivre l’évolution des cas dans tous les mouvements de population.
Il a également insisté sur la nécessité de faire cesser l’idée selon laquelle la maladie serait mystique, car cette croyance retarde l’orientation vers les centres de santé et complique la riposte.
Par ailleurs, le Dr Roger Samuel Kamba a mis l’accent sur le défi lié au contact : il faut retrouver toutes les personnes ayant eu une exposition avec les malades afin d’assurer la traçabilité, le suivi et, le cas échéant, un diagnostic précoce pour limiter la propagation.
Symptômes
Concernant les signes de la maladie, le ministre a indiqué que la souche Bundibugyo présente des caractéristiques différentes de la souche Zaïre. Les patients commencent généralement par présenter de la fièvre et de la fatigue, tandis que les signes hémorragiques peuvent survenir plus tard. Cela peut conduire, au départ, à confondre la maladie avec une grippe ou le paludisme. Des vomissements peuvent également apparaître, et ce retard de consultation augmente le risque de transmission.
Au regard de la situation, le ministère de la Santé a mis en place une communication de risque destinée à la population, car la transmission se fait notamment par contact physique. Il est recommandé d’appliquer strictement des mesures d’hygiène, notamment : se laver les mains régulièrement ; éviter tout contact avec les personnes présentant des signes de maladie ; éviter les rites mortuaires impliquant des contacts directs avec les corps ; ne pas ramasser les animaux morts pour les manger ; et, pour les viandes destinées à la consommation, veiller à les cuire suffisamment.
Prise en charge précoce
Au cours de ce point de presse, le ministre a lancé un appel direct à la population : ne pas cacher la maladie et consulter rapidement les services de santé. Il a été rappelé qu’une prise en charge précoce améliore les chances de guérison.
Il a également été indiqué que le taux de létalité, pour cette souche, peut atteindre jusqu’à 50% des décès. Enfin, il est recommandé aux autorités sanitaires de se mobiliser dès qu’un cas suspect ou malade est détecté dans l’entourage.
Le Dr Roger Samuel Kamba a déploré le fait qu’une partie de la population locale ait considéré le démarrage de l’épidémie comme une affaire mystique, ce qui a retardé l’accès aux soins. La première personne est décédée à Bunia le 24 avril, avant que le corps ne soit rapatrié dans la zone de santé de Mongbwalu, une région minière à forte densité de population, où l’épidémie s’est ensuite intensifiée.
Rappelons que cette maladie est zoonotique : elle provient d’animaux avant de contaminer les humains. La transmission interhumaine peut ensuite survenir en cas de contact étroit avec des personnes malades ou décédées.



